Créez comme elles et Créer au féminin ont célébré l'événement ensemble

Publié le 09 mars 2015

Vendredi 8 mars, Journée internationale de la femme, la Cartonnerie a accueilli une réunion de femmes chefs d'entreprise ou porteuses de projets. Ce rendez-vous, intitulé « Femmes d'affaires, affaires de femmes » est le premier co-organisé par Créer au féminin, réseau d'entrepreneurs de la CCI de Reims-Epernay et Créez comme elles, association née à Troyes, dotée d'une antenne rémoise.

De gauche à droite : Stéphanie Aubin, Sophie Zeitoun, Virginie Girault, Marie Beaurain, Anne Soto-Mayor, Lorène Richer de Forges et Béatrice Paillard. (© Léa Philippe)

Dans la salle de concert, aux lumières tamisées, les femmes viennent chercher le badge qui permettra de mieux les identifier : une gommette de couleur symbolisant leur type d'activité, un rectangle de papier rose indiquant leur appartenance à Créer au féminin et / ou à Créez comme elles. On se retrouve, on se salue, on met un nom sur un visage... « Tiens, c'est toi, Julie Simon, l'écrivain public, avec qui j'ai eu des échanges par mail... ». On apprend aussi, abordant les femmes que l'on ne connaît pas qu'il existe à Reims une pépinière dédiée aux projets art et design. Ou que l'on peut se faire livrer un repas sain au travail avec la société Déjeun'up...

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Le discours des organisatrices marque l'ouverture de l'événement. Anne Soto-Mayor, présidente de l'association Créez comme elles, rappelle que les étapes de création d'une entreprise sont les mêmes pour une femme ou un homme. Marie-Aude Bur, de la société Transmatik, élue à la CCI, aimerait que « la Journée internationale de la femme n'existe pas » et encourage toutes celles qui voudraient exercer un métier d'homme. Béatrice Paillard, déléguée régionale aux droits des femmes et à l'égalité, revient sur des faits qui en surprennent plus d'une : « Depuis 1965 seulement, les femmes peuvent avoir un chéquier ou un travail sans l'autorisation de leur mari. » Elle insiste sur l'écart de salaire de 27% entre hommes et femmes. Lorène Richer de Forges, du réseau Créer au féminin, prend à son tour la parole et revient sur les raisons de la création de cette entité, en 2010. « Par rapport au niveau national, il y avait moins de femmes chefs d'entreprise en région Champagne-Ardenne. » Sophie Zeitoun de la société BySCom, responsable de l'antenne rémoise de Créez comme elles, insiste sur la nécessité de partager son expérience d'entrepreneur avec celles qui débutent. Stéphanie Aubin, directrice du Manège de Reims, incite les femmes à créer, sans nier les difficultés que l'initiative implique... Le brunch est lancé, avec gourmandises, échanges informels et ateliers ludiques.

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Tandis que certaines assistent à une démonstration de fabrication de sushi par le chef et animateur d'ateliers cuisine, Maxime De Luca, d'autres papotent, trinquant au Champagne de Vignerons et goûtant aux verrines et douceurs préparées par Les Délices d'André. C'est Claire André, membre active de Créer au féminin, qui passe avec les plateaux, saluer ses consoeurs. Celles que l'on connaît comme celles que l'on ne connaît pas. On ne reste pas longtemps seule, les conversations se font, naturellement. Justine Petit, en création d'une boutique japonaise, discute avec Sandrine Marchand des Ateliers de la Boîte à Musique. Justine explique qu'elle recherche un local commercial, Sandrine évoque l'utilité de ces rencontres pour rencontrer des gens et parfois, trouver des clients.
Pendant ce temps, aux quatre coins de la salle, des femmes participent à des activités étonnantes, conçues par Virginie Girault, coach en entreprises, de la société Kresko, et Stéphanie Leclère, décoratrice d'intérieure avec D'Coquetteries.
Premier univers, autour de l'équilibre intérieur / extérieur. Une femme au ventre rond fait un parcours d'équilibre tout en portant deux paniers remplis, l'un représentant la vie privée, l'autre, la vie professionnelle. Satisfaite de l'expérience, la future maman, Eléa Ostalowski, explique : « J'ai créé mon entreprise le 1er février. Je ne voulais pas mettre mon projet de côté parce que je vais avoir un enfant. »
Sur une table, « Entre les 2, mon coeur balance », un atelier self-service, composé de galets, post-it et balance, pour permettre à chacune de peser en les notant les quatre points positifs et négatifs de leur vie d'entrepreneur. Un tableau d'affichage (anonyme) permet de voir ce que les autres ont répondu, ça conforte, ça interroge... Marine Smeets, naturopathe, prend des notes et compare ses réponses. Elle confie ensuite : « Je viens rencontrer des gens et faire connaître mon activité. Je suis membre du réseau Créer au féminin mais j'envisage d'adhérer à Créer comme elles pour un nouveau projet. »
Sur plusieurs autres tables, des jeux mathématiques pour inciter chacune à « Penser autrement ».Pour aller plus loin encore, il est possible de participer à un petit jeu qui engage encore plus. Virginie Girault guide une femme aux yeux bandés pour la faire arriver au bout d'un petit chemin semé d'embûches. Au bout du parcours, celle-ci notera un objectif qui lui tient à coeur, allumera une lampe symbolisant sa conscience et jettera le petit papier à la poubelle, en prenant une grande respiration. Elle refera ce parcours seule, en sachant où elle va, puis accompagnera à son tour une volontaire, désireuse d'être guidée et prête à lui accorder sa confiance. Un exercice simple en apparence mais qui ragaillardit et comme dit, « allume la conscience ».
Autour de 14 heures, participants et commerçants, comme Aurore Pierlot, de la librairie Rose et son roman, qui ont pris une pause exceptionnelle pour ne pas manquer l'événement, reprennent le chemin du travail, sous une pluie battante. Certains auront même pu, au cours de la matinée, s'initier à la harpe, sur la scène de la Cartonnerie, atelier illustrant le développement de nouvelles compétences.

Frédérique Alfassa-Larsonneur  

http://www.lhebdoduvendredi.com/article/10899/creer_au_feminin_et_creez_comme_elles_ont_celebre_l-evenement_ensemble